Un peu de l’histoire de cette bonne ville de Strasbourg

Strasbourg, carrefour historique a toujours rassemblé des cultures et des religions différentes. Connue sous le nom de « Argentoratum » sous l’occupation romaine, elle devient après plusieurs invasions barbares des Huns, des Alamans et des Francs « Strateburgum », littéralement « la ville des routes ». Ville du Saint Empire germanique, dotée d’une constitution politique proche de la république, elle connaît son âge d’or au moyen âge, jouissant d’une économie florissante et, si elle devient l’un des grands foyers de l’humanisme et de la Réforme c’est en grande partie grâce à l’apport de Gutenberg et de son imprimerie dont elle reste la capitale historique.

En 1681, les troupes de Louis XIV investissent la ville et Vauban la dote d’un système de défense pour en faire un verrou sur le Rhin. A l’aube de la révolution le maire Dietrich, nommé commissaire pour l'organisation du département du Bas-Rhin, accueille chez lui un jeune officier : Rouget de L'Isle.  Son "chant de guerre de l'Armée du Rhin" deviendra grâce aux révolutionnaires marseillais "La Marseillaise ». N’oublions pas non plus le fameux Schulmeister "espion de l'Empereur", ou les généraux Kléber et Kellermann.

Après 1870, avec l’Alsace tout entière Strasbourg est rattaché à l’Empire allemand jusqu'à l’armistice de 1918, puis une nouvelle fois annexé à l’Allemagne pendant la seconde guerre mondiale, et enfin libéré par la 2ème D.B. du général Leclerc en 1944 conformément au serment de Koufra : "Jurez de ne cesser le combat et de déposer les armes que le jour où nos couleurs flotteront à nouveau sur la cathédrale de Strasbourg".

Strasbourg, de par sa position géographique et son rayonnement était toute préparée à devenir le centre de l’Europe. Le 14 février 842, deux des petits-fils de Charlemagne, Louis et Charles, se liguent à Strasbourg contre le troisième, Lothaire et, fait nouveau, prononcent des serments en langue vulgaire : tudesque pour les soldats de Louis (l'ancêtre de la langue allemande), roman (français ancien) pour ceux de Charles. Ce serment constitue à la fois le plus ancien monument de la langue française et allemande. Le premier acte fondateur, signé par Talleyrand, de la Commission Centrale de Navigation pour le Rhin dont les compétences ont été récemment élargies au Main et au Danube, est si l’on peut dire, celui de la première institution « européenne ». Tout naturellement la ville est devenue le cœur de la construction européenne où siègent actuellement seize institutions dont notamment le Conseil de l’Europe depuis 1959, le Parlement Européen, la Cour européenne des Droits de l’homme et…. la chaîne ARTE.

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Ses monuments et curiosités sont légion. La cathédrale Notre-Dame construite entre le 11ème et le 15ème siècle domine comme un phare le paysage alsacien avec sa flèche culminant à plus de 142 mètres. Ce chef d’œuvre de l’art gothique européen a été l’édifice le plus élevé de la chrétienté jusqu’au 19ème siècle, avec cette particularité de ne posséder qu’une seule tour - contrairement à Paris ou Chartres - car le sol marécageux n’en aurait pas supporté une seconde.

                Le quartier de la Petite France, au charme médiéval qui regorge de canaux, de ruelles étroites et de maisons à colombages était à l’origine le quartier des tanneurs, des pêcheurs et des meuniers. L’origine de ce nom remonte au 16ème siècle, au retour d’Italie des armées du roi Charles VIII. L’hôpital de ce faubourg recevait alors de nombreux militaires atteints de syphilis. Considérant cette maladie comme de "pure importation française", les habitants du quartier se mettent rapidement à désigner l'hôpital, avec une certaine ironie, sous le terme "Zum Französel". Par extension avec les années, l'appellation "Petite France" s'étend progressivement à l'ensemble du quartier.

La cave des Hospices civils de Strasbourg, offre un voyage dans le temps à travers l’enfilade de ses fûts

ouvragés, et témoigne de l’histoire de la ville. C’est ici qu’est entreposé, depuis 1472, le plus vieux vin au monde conservé en tonneaux : il fait l’objet de dégustation (très limitées) lors d’événements exceptionnels. Le général Leclerc aura été le dernier à y goûter lors de la libération de la ville en novembre 1944.

Les ponts couverts ont été conçus au XIIIème siècle pour défendre la cité de toute invasion par voie fluviale. Appuyés à des tours, celles ci ont ensuite servi d’observatoires, de postes de défense et plus tard de prisons. Leur efficacité sera remise en cause par la construction du barrage Vauban qui leur fait face, et malgré la disparition des ponts de bois dès le XVIIIème siècle, ce site est demeuré « les ponts couverts ».

Bien évidemment, la ville possède nombre d’autres lieux qui méritent une visite. Pour n’en citer que quelques-uns : l’horloge astronomique, la maison Kammerzell de 1589 aux colombages richement décorés, l’œuvre Notre Dame, les nombreuses églises, le palais des Rohan, le palais du Rhin, les parcs comme ceux de l’Orangerie ou de la Citadelle, les Institutions européennes, l’ENA, etc.. et tout récemment un second ouvrage sur le Rhin délestant le pont de l’Europe : le pont Pierre Pflimlin.

Ce rapide coup d’œil ne serait pas complet sans évoquer la place qu’occupe la Marine dans le cœur des habitants, héritage du rang portuaire non négligeable détenu par son port sur l'axe fluvial nord-sud, le souvenir de l’Amiral Exelmans et ses fusiliers marins durant le siège de la ville en 1870, comme la présence des Forces Maritimes du Rhin dissoutes en 1966.

 Je souhaite que tous vous trouviez en ces quelques lignes une motivation supplémentaire pour être des nôtres lors de ces prochaines retrouvailles.

 

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